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Le projet Hôdo
L'espace vital dans une société hôdonne

Un abri pour tous Le droit à un espace vital sans y être enfermé,
une condition incontournable pour vivre sereinement

implique de savoir gérer les abris physiques et sociopsychologiques, quelles que soient leurs tailles.
C’est une conséquence directe du devoir de respect de toute forme d’intelligence et de son support.

Table des matières

  1. De la retraite solitaire aux groupes sociaux
  2. La sphère intime
  3. Le clan familial
  4. Du cercle intime au voisinage
  5. Associations de projets
  6. Une utopie?

De la retraite solitaire aux groupes sociaux

Même l’ermite stoïque a besoin d’eau, de chaleur et de nourriture. Mais cela est impossible de réaliser seul. Il lui faudra donc sortir de son abri et aller à l’encontre d’autres humains. Ce sera aussi l’occasion pour ces humains de créer un groupe partageant à la fois des ressources et abritant le refuge de chacun.

Les êtres humains, comme de nombreux êtres vivants, ont besoin de s’associer avec d’autres congénères pour réaliser ce qu’ils ne peuvent faire seuls. Comme il y a autant de mode de pensée qu’il y a des cerveaux, ces groupes s’imposent des règles de cohabitations qui devraient être acceptées par tous. Mais, même dans ces conditions, des désaccords et des tensions peuvent surgir. Or, trouver des solutions consensuelles s’avère difficile en cas d’hostilité marquée.

Aussi, pouvoir prendre du recul et trouver un abri serein reste de toute manière la solution incontournable. Car, s’il est indispensable de pouvoir se reposer et récupérer un bien-être dans sa peau, il faut aussi pouvoir fuir et éviter toute situation dangereusement nuisible. Tout humain sur la planète devrait avoir droit à un refuge, complètement personnel et à l’abri de toute intrusion. Chacun devrait être libre d’ouvrir ou de fermer ses portes à volonté. L’atteinte à ce droit serait viol ou harcèlement.

Mais il faut aussi de toute manière s’associer à d’autres pour survivre et même avoir un certain bien-être. Ces groupes deviendront alors des refuges en communauté.

La sphère intime

Cet espace est absolument nécessaire pour assurer la sérénité hors de son refuge individuel.

Les études comportementales observent que l’humain a besoin d’une sphère d’intimité, une sorte de volume qui maintiendrait à l’écart toute possibilité d’agression tant physique que psychique. La proxémie est très importante pour étudier les sensations de bien-être des humains entre eux en fonction des distances occupées dans les relations. Il ne faut pas la confondre avec l’espace vital du refuge individuel.

Il a été observé que le volume de la sphère intime varie d’une population à une autre et probablement d’un environnement géologique à l’autre. La promiscuité semble une gêne pour tous, mais à géométrie variable, à la fois selon les us et les coutumes, les buts du contact et les circonstances opportunes, même fugitives.

Cette sphère protégeant à la fois le corps et l’intelligence a plusieurs frontières en fonction des interactions et des signaux échangés. Or, qui dit «signaux» dit aussi «intelligence pour les interpréter», donc l’influence de la culture de la niche environnementale. Cela peut devenir source de tension entraînant par exemple de replis communautaires. La masse critique n’est jamais objectivement et scientifiquement évaluée, car c’est un domaine dans lequel prédomine l’émotion.

Les frontières qui délimitent l’espace visuel ou auditif peuvent fortement varier, et elles ne sont pas nécessairement délimitées par des surfaces comme des murs statiques. Par exemple, pour le bruit qui est plus ou moins gênant selon les populations en plus des caractéristiques personnelles, c’est le niveau sonore, le rythme, la fréquence, les circonstances… qui délimitent le seuil de l’intrusion sonore. Parfois, les frontières sont purement visuelles et donc peuvent s’étendre aussi loin que la vue le permet. Les vêtements ont souvent ce type de rôle de décence en plus de celui de se protéger physiquement des désagréments de la nature.

Respecter cet espace est partie intégrante de la deuxième loi de Hôdo.

Le clan familial

Le foyer est le tout premier de ces refuges en communauté.

À cause de sa nature fragile et de son intelligence lente à développer, car complexe, l’humain est longtemps soumis au partage des sphères intimes de ses parents. Il sera à son tour obligé de se mêler à d’autres sphères intimes lorsqu’il procréera.

Le clan familial est la première source d’information et donc sera à la base de tout le comportement appris dans le futur même si par la suite cette base sera contestée ou même reniée. D’une part, la contestation semble systématique et plus marquée à partir de certains âges, liés sans doute à une recherche de plus grande autonomie, donc de prise de pouvoir pour changer de main la domination. C’est peut-être un comportement préinscrit pour nous forcer à toujours aller de l’avant vers des solutions inexplorées. Ce qui est remarquable à retenir, c’est que le rejet se fait en opposition à l’acquis, c’est-à-dire qu’il dépend de toute manière de l’acquis précédent. Ainsi, il est beaucoup plus fréquent de voir un anti-quelque-chose être l’inverse du pro-quelque-chose qui l’a engendré, n’ayant gagné ainsi aucune liberté: son droit de faire le contraire est devenu un devoir. Les chaînes et les boulets ont changé de côté.

Le clan familial est le premier lieu où s’applique l’usage des règles sociales. Mais c’est aussi le premier endroit où surgissent des conflits malgré les règles comportementales qui sont censées, sinon les éviter, du moins les atténuer.

Le clan familial est le premier groupe refuge offert au nouvel humain.

Donc, du point de vue hodon, s’agissant d’un refuge, personne ne pourrait s’y ingérer. Mais en même temps, personne n’y serait détenu.

De la cellule intime au voisinage

Aller au contact des autres s’imposera à l’humain pour partager des ressources qui peuvent dépasser les seuls besoins physiques. Cela peut aussi apporter des satisfactions psychiques, intellectuelles, émotives… Pour être accepté, il peut faire comme l'enfant le fait depuis sa naissance : imiter le comportement des autres.

L’enfant mime rapidement ses parents parce que le cerveau semble être doté de zones fortement spécialisées pour s’acquitter efficacement de cette tâche. C’est logique, vu la complexité de l’information à traiter depuis l’acquisition par les sens, puis la transposition de ces signaux dans le «moi», pour enfin piloter les muscles adéquats. Il arrive même souvent qu’un enfant mime des choses que les parents n’ont pas conscience de porter à la connaissance du petit cerveau.

Ces imitations engendrent toute une série de comportements qui seront des us et coutume d’un clan. Ces coutumes deviendront de véritables règles de savoir-vivre, en dehors desquelles tout non-respect peut conduire à des réactions de rejet.

De plus, ces règles ne sont pas toujours édictées sous forme de loi. Elles paraissent parfois tellement naturelles qu’il ne vient même pas à l’esprit de les noter. Alors, certains auront la maladresse ou l’indélicatesse de considérer que, puisque ce n’est pas écrit, le contraire est autorisé.

Ce comportement va totalement à l’encontre de

la première loi de Hôdo, qui stipule le devoir de respecter toute forme d’intelligence.
Il serait bien plus sage que dans un premier temps de rejouer le mimétisme de l’enfant, quand on cherche à s’intégrer dans un nouveau groupe. C’est essayer d’appliquer le proverbe: «À Rome, fais comme les Romains.»

«Essayer», car ce n’est pas toujours évident, mais rien que l’effort visible attire souvent la sympathie du nouvel hôte. Et rien n’empêche de parler par la suite de ses anciennes traditions, une fois l’accueil acquis. Encore faut-il, malgré tout, ne pas faire du prosélytisme et laisser l’hôte juger ce qui peut s’adapter à ses règles.

Toutes les fusions ne sont pas possibles, même si l’on utilise la violence de la loi du plus fort, ou le mépris en jouant sur la manipulation.

Associations à un projet

S’associer à un projet peut fournir des ressources essentielles, mais aussi d’autres richesses matérielles ou spirituelles. Et, parmi elles, plus de facilité à agir, ce qui est souvent désigné comme plus de liberté. Paradoxalement, cela va aussi enrichir la discipline interne. En effet, certains éléments ne sont pas partageables définitivement ou en simultanéité. On ne peut s’asseoir sur la même chaise au même moment, on ne peut définitivement plus manger le grain de riz avalé et digéré par quelqu’un d’autre. Donc, il faudra des règles pour limiter les conflits.

Les associations sont nécessaires pour augmenter l’espace de liberté afin de conquérir de nouveaux éléments, mais elles requièrent souvent une discipline interne pour mener à bien le projet. Dans une association, il est souvent nécessaire, voire incontournable, d’avoir un ou plusieurs chefs d’orchestre avec leur hiérarchie et leurs règles propres, fonctionnelles et indépendantes des autres structures, car adaptées aux besoins qui leur sont spécifiques.

L’envie et la jalousie conduisent à vouloir s’approprier les possessions d’autrui. Dans ce cas, le partage avec l’autre se résume à une prise de possession transformant la symbiose en parasitisme, voire en prédation. C’est donc là que la domination «néfaste» intervient avec ses différents masques.

Violence ou charme sont utilisés avec la même optique: réduire au silence toute résistance au partage même provisoire. Parmi les charmes utilisés pour dominer et soumettre autrui, il y a l’«amour». Aux mains d’un manipulateur, le résultat ne sera pas celui idéalisé par le mot «amour», qui sera un miroir attirant et aveuglant dans un premier temps avant de devenir un voile obscur et culpabilisant pour taire tout questionnement. C’est souvent ces chaînes qu’il est le plus difficile de briser.

Or, la deuxième loi de Hôdo, considérant qu’une association est un refuge, même éventuellement uniquement mental, ne peut se transformer en prison.

Une utopie ?2

La notion de refuge de la deuxième loi de Hôdo imposerait que chaque humain dispose d’un territoire qui lui soit propre de sa naissance à sa mort. Et si ce territoire était plus qu’un simple toit sur la tête. Ne serait-ce pas merveilleux pour chacun, pour chaque communauté et pour la planète de disposer de trois parts avec des droits et des devoirs respectifs:

Notre planète entière est notre refuge.
Serge Jadot

Notes

↑1 : La soumission librement consentie (Comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire?) est une œuvre de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois traîtant de la manipulation mentale et de l’engagement en psychologie sociale.
↑2 : Cette utopie a été développée dans les deux premiers romans de la saga de Hodo, la légende.
Hôdo, la légende
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