Le devoir de respecter toute forme d’intelligence et son supportLe projet hôdon qui se veut scientifique dans sa méthode pouvait être associé à la «biopolitique», voire la «sociobiologie», terme moins rébarbatif que «politique scientifique», ou pire encore, que «neuro-bio-socio-politique» puisqu’elle s’appuie sur les concepts des neurosciences sociales et du respect des lois de la physique pour gérer au mieux l’emploi de toutes les ressources de l’Univers. Le mot «biopolitique» existait déjà et sa notion s’éloigne parfois du concept hôdon. N’ayant pas trouvé de meilleure expression, les termes «Hôdo» et «hôdon» n’étant ni connus ni associés à une notion connue en politique, sont choisis pour ne pas prêter à confusion avec d’autres concepts.
Le terme «hôdon» est issu du monde de la science-fiction. Il désignait une population qui avait quitté la Terre et qui pour survivre dans un monde peu hospitalier avait mis en place une stratégie de survie basée sur la synergie, le consensus, le respect de l’autre et de la nature. Ils avaient donné à leur planète le nom de «Hôdo», mot d’origine japonaise signifiant «terre de la rétribution»*, symbolisant pour ces pionniers la devise de leur nouveau monde:
La «bio»-politique scientifique du projet Hôdo a deux axes directeurs pour appréhender les comportements sociaux:
Le côté analogique, qui veut que l’on compare les sociétés comme étant des organismes vivants au même titre que notre corps et chacune de nos cellules. Chaque organe, chaque cellule, chaque organite, chaque molécule… prennent place dans l’organisation d’un être vivant. Il n’y a pas de valeur morale ou élitiste qui place l’anus au-dessous du cerveau. Si ce dernier consomme plus d’oxygène dans le sang, ce n’est pas par privilège de Dominant: c’est parce que son activité, qui est au service de tout l’organisme, requiert plus de ressources pour fonctionner.
Le côté scientifique, qui veut intégrer l’esprit scientifique de cette approche de politique, c’est-à-dire que toute «vérité» communément admise par la majorité des experts dans le domaine doit être vérifiable par tout un chacun. Sinon, il s’agit d’hypothèses, certes, peut-être très intéressantes et très proches d’atteindre un statut de «vérité» scientifique, mais qui ne restent que des hypothèses. La politique hôdonne, c’est concevoir la politique d’une manière scientifique, objective et neutre, d’une manière consensuelle entre tous les scientifiques, quels que soient leurs opinions et leurs environnements. C’est avoir une vision humaine d’un comportement humain par des humains en quête de la connaissance des lois de la nature dont ils font partie. C’est concevoir la politique comme étant soumise aux contraintes de la nature dont l’humain fait partie, qu’il le veuille ou non.
Bien sûr, comme dans toute science, il y a des tâtonnements, des hypothèses, des théories, un moment adoptées, puis corrigées, voire abandonnées. Ce qui importe dans la méthode scientifique, c’est le protocole expérimental. Tout chercheur est humain et donc susceptible de se tromper, mais il ne faut pas oublier de considérer le savoir comme une voie, et non un terminus. L’important, c’est de nous interroger sur notre place dans l’Univers, et cela commence par l’observation sereine.
Le projet Hôdo vise à transcender ces jeux de dominances pour que l’humanité progresse plus loin tant en confort qu’en sagesse sans chercher à détruire systématiquement toute vie, toute intelligence qui résiste.
Comme le projet Hôdo concerne les relations entre humains, il sera incontournable de parler de domination.
Tout d’abord, il faut sans cesse rappeler cette phrase de H. Laborit:
Nous sommes tous dominants, et, si nous en avons l’occasion, chacun d’entre nous pourrait vouloir être «calife à la place du calife» (allusion au titre du treizième album de la série de bandes dessinées Iznogoud, écrite par René Goscinny et dessinée par Jean Tabary, paru en 1978). Alors, comment détourner «l’agressivité» de la dominance? (allusion à «L’agressivité détournée» de H. Laborit, dans «Introduction à une biologie du comportement social», Union Générale d’Édition, «10/18», ISBN 2-264-00370-7)
Il faut bien distinguer le pilote d’un vaisseau ou le chef d’orchestre des tyrans qui veulent formater une communauté à leur image, des esclavagistes qui nient toute nature humaine hors celle de leur caste, et des despotes qui travaillent dans l’ombre, tels les pervers narcissiques et autres experts en manipulation mentale. Les blessures de ces derniers sont souvent plus invisibles, mais plus profondément ancrées dans la psyché et plus difficilement guérissables que celles résultant de violence physique (certes, non moins excusables).
Il faut peut-être aussi distinguer la soumission imposée de la «soumission librement consentie» (allusion au titre édité par Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois aux Presses universitaires de France, 1998). L’«obéissance volontaire1», peut être perçue comme une forme de fidélité, non pas envers un chef, mais envers un collectif dont la gestion a été confiée à une personne ou à un groupe ayant démontré des qualités appropriées.
S’en remettre à quelqu’un de compétent pour la réalisation de quelque chose requiert le respect de la première loi de Hôdo. En revanche, être insoumis ne requiert souvent que de l’agressivité, si spontanée… Et c'est souvent, l’éternel calife qui veut la place du calife… Et combien de fois ce prétendant au califat est-il porté sur les épaules des disciples qui ne souhaitent que de monter au sommet de la pyramide?
Toute la nature — et le taoïsme l’a très bien observé — est un équilibre dynamique et instable entre deux antagonismes. L’univers physique entier, et dans chacune de ses composantes, oscille entre forces attractives et répulsives. Et nous sommes le résultat de ces jeux de forces et de ces «tatonnement» d’un équilibre à l’autre.
Il s’en suit que du point de vue du hôdon, il n’y a pas de partis mauvais ou bons, il y a des décisions à prendre parmi des choix, comme appuyer sur le frein ou sur l’accélérateur. Ce sont les circonstances qui imposeront les choix, et souvent les doutes. Être hôdon, c’est accepter la coexistence de ces tendances sans jugement de «valeur» tant qu’elles respectent les lois fondamentales de Hôdo. Être Hôdon, c’est déjà éviter de taxer le frein d’«idiot» et l’accélérateur de «méchant», c’est éviter d’avoir un comportement paternaliste ou démagogique en jouant sur les valeurs éthiques d’origines religieuses ou non.
Un acte en soi n’est ni bon ni mauvais, mais ses conséquences peuvent être bonnes ou mauvaises, comme le couteau. Ce dernier est-il utilisé comme un outils ou arme de crime?
Ce préambule est important, car il n’est pas rare de voir attribuer une «valeur» qui conduirait à prohiber l’usage du couteau sous prétexte qu’il peut être mortel.
Les «valeurs» sont transmises comme un héritage d’expériences qui enrichissent les traditions et les coutumes, modelant ainsi une culture et une civilisation. Elles sont aussi souvent imposées par les personnes dominantes du moment, qui les soutiennent par leur charisme et leurs moyens de persuasion. Ils peuvent même en faire des bannières derrière lesquelles se rangeront des humains pour en combattre d’autres.
Un acte est bon ou mauvais selon ses conséquences, c’est-à-dire s’il améliore ou diminue la qualité de vie. Et là encore, il faut être prudent, car le cerveau peut se tromper par une «faille» qui fait partie de son intelligence: l’accoutumance. Les manipulateurs savent s’en servir en nous faisant gravir les étages par petites marches là où nous aurions refusé de sauter le mur.
Mais n’est-ce pas aussi ainsi que fonctionne l’éducation? Nous renforçons nos choix en les répétant et en les justifiant, car la rétroaction est un mécanisme de notre intelligence pour renforcer ce qui est important à ses yeux. En effet, la stabilité de la personnalité repose généralement sur les fondations de cette éducation, ce qui entraîne une résistance accrue à certaines adaptations postérieures. Ce mécanisme est logique, car il est impossible de croître sans des bases solides sur lesquelles se construire.
C’est l’éternel problème soulevé: l’équilibre entre forces antagonistes, entre rigidité et souplesse. Même si la stabilité est indispensable, la souplesse l’est aussi. Il faut oser pouvoir utiliser les retours d’expériences périodiquement, car ce qui était bon dans certaines circonstances peut avoir évolué non seulement pour tomber dans l’obsolescence, mais parfois aussi pour devenir néfaste.
L'esprit Hodon refuse de tomber dans le piège des prétendues valeurs morales utilisées par les «bisounours» pour condamner ceux qui ne se soumettent pas à leurs exigences. Cependant, cela ne signifie pas que nous devions ignorer l'existence de comportements nuisibles. Même un «bisounours» peut se montrer cruel en blessant autrui sans respecter son intelligence ni son droit à éviter une menace.
Nous avons tous des tendances à dominer et manipuler les autres, il ne faut jamais l’oublier. L’humilité du «scientifique», selon l’esprit hôdon, est de reconnaître nos limites et de ne pas nous considérer comme des juges omniscients.
Il vaut mieux combattre celui qui nuit que de se contenter de le culpabiliser. Ni le tigre ni le virus ne sont méchants, mais il faut se défendre pour continuer à vivre.
L’obligation de réparer les dommages devrait être une pédagogie pour comprendre un peu ce que la victime a ressenti, pas une vengeance ou un châtiment de «droit divin». Dans certains cas, l’isolement est recommandé en cas de menace persistante ou récurrente. Dans tous les cas, le traitement psychiatrique peut être indispensable.
Chacun possède sa propre vérité et ses valeurs, car l’intelligence sans cesse trie le bon et le mauvais. Pour gagner du temps et anticiper, il est utile de s'enrichir du savoir des autres. Mais il faut faire confiance à cette source de savoir.
Une entité plus savante pourrait distribuer ce savoir avec certitude, réduisant ainsi les risques d’erreurs. Bien que cette entité soit «divine», ce sont des humains qui l’ont interprétée pour diffuser cette connaissance. D’office, d’autres humains peuvent rejeter ces messagers et, parfois, prétendre détenir la vérité. Et comme toujours, la vérité est enfermée dans son propre cerveau et modelée à son insu par l’environnement.
L’être humain est social, car ce «confort de vie» auquel il aspire est complexe et nécessite l’aide d’autres personnes. Cela entraîne spécialisations et négociation, parfois avec des jeux de pouvoir.
Son esprit devra donc gérer à la fois l’individu et ses clans, puisqu’il sait qu’il a besoin d’autrui pour survivre. La vie en société lui imposera le respect de certaines règles, ce qui est bien ou mal pour l’autre pour cohabiter en paix. Pourtant, parfois, notre intelligence sera critiquée pour ses conséquences jugées immorales, comme l’amalgame, est en réalité un outil de catégorisation essentiel. En effet, notre cerveau classe constamment ce qui est favorable et défavorable, bon ou mauvais.
Le premier cercle de relation est celui du foyer où se développera l’enfant. C’est le premier endroit où on lui dira: «Tu es gentil, tu es méchant.» Cet enregistrement le suivra toute sa vie, même s’il se rebelle contre ce formatage qui influencera de toute manière son comportement.
Par la suite, c’est l’empathie qui enseigne le ressenti d’autrui. Il est important de se rappeler que nous ne sommes jamais à la place d’un autre. Nous pouvons seulement essayer de comprendre en cherchant des similitudes dans notre expérience. C’est l’art de l’extrapolation.
L’empathie peut-elle être de la sympathie, sachant qu’elle peut servir le sadisme?
Cependant, tout vouloir ranger en valeurs morales peut nous faire oublier notre animalité, ni bonne ni mauvaise, mais le fruit d’une longue évolution de l’intelligence issue de presque rien.
L’amour n’est pas une émotion simple et banale que l’on peut servir à toutes les sauces. Il faut une très grande confiance à l’autre pour lui livrer ses points fragiles, son intimité, donc son ultime abri. Parler d’amour entre inconnus ou entre populations n’a donc pas de sens, car cela voudrait dire que nous avons l’imprudence de nous offrir sans protection à tout venant.
Donc, clamer l’amour entre peuples, c’est encore plus illogique. On peut aimer des membres d’un autre peuple, ou de n’importe quel groupe humain, et ce n’est pas pour autant que les personnes aimées représentent leur population. Imposer l’amour d’une autre population reviendrait à imposer un mariage forcé entre inconnus.
Bien sûr, on peut avoir des sympathies pour une civilisation dont on partage certaines «valeurs», mais cela n’implique pas de l’amour. C’est un slogan, un cache-misère, une extrapolation qui sert souvent plus à cacher précisément une déficience de synergie. Là aussi, l’esprit hôdon veut dépasser ces notions de jugement de valeur cette fois entre civilisations. Aucune n’a le privilège de dire qu’elle est meilleure que l’autre, et aucune ne doit se sentir méprisée ou bafouée. Chaque peuple à son histoire, lié à son environnement dans lequel une multitude d’humains, tous semblables en structure et différents en vécu, ont accumulé leur savoir pour vivre ensemble le moins mal possible dans une niche environnementale donnée. Et chaque civilisation au total contribue à sa manière à la grande Histoire de l’Humanité.
La neutralité pour un psychanalyste, c’est l’attitude objective et sans préjugés qu’il se doit de conserver dans toute interprétation. C’est cette neutralité que prône le projet Hôdo afin de pouvoir respecter autrui. C’est loin de la miraculeuse vertu de l’amour d’une société utopique où «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil2».
Être neutre permet d’avoir le recul pour être rationnel et avoir la notion de la justesse de la mesure. Cela permet aussi d’éviter les écueils des exceptions: le respect de l’intelligence et le droit à la fuite et à l’abri ne tolère aucune restriction, par omission, favoritisme ou autre. Il n’y a pas de pauvres malheureux ni de méchants dominants: il y a des intelligences qui ont évolué de manières différentes dans des contextes différents qu’aucun nouveau-né n’a choisis. Aux politiciens de choisir les outils pour assurer ces notions que sont la solidarité, la liberté… La position hôdonne est que ces choix se fassent toujours en toutes circonstances en respectant l’autre, même si c’est un ennemi. Dans tous les cas de figure, les positions doivent toujours être claires et non démagogiques ni électoralistes.
Traiter quelqu’un d’hostile en «ennemi» est plus constructif pour les deux partis. Culpabiliser risque de conforter l’impression de victime incomprise, surtout si les critères de jugement ne sont pas identiques aux autres cas semblables et s’ils sont ressentis comme une injustice, résultat d’un «deux poids, deux mesures». Quant à traiter les gens d’incompétents, pour ne pas dire moins, cela ne fera que les blesser plus et les conforter aussi dans l’idée qu’il faut faire ses preuves pour prouver le contraire. Cela sera souvent le début de l’ancrage des préjugés, surtout si celui qui essuie le mépris enchaîne maladresse sur maladresse, pris dans l’engrenage du stress, ce qui est destructif pour l'intelligence de la victime.
Traiter quelqu’un en «ennemi», c’est lui signaler que son comportement est nuisible à l’individu ou au groupe qui en souffre et donc qu’on le combattra s’il ne cesse pas son hostilité, même involontaire. Cette attitude a l’avantage de l’honnêteté, et puisqu’elle est transparente, elle permet la négociation, celle de réciprocité du respect de l’intelligence et celle du droit à la paix, c’est-à-dire à un refuge. Il ne faut pas non plus que ce repli se transforme pour l’un comme pour l’autre en prison ou en avant-poste.
La neutralité conduit à penser aux extrêmes. Qu’en est-il de l’esprit hôdon qui respecte toute intelligence ?
Si l’on regarde un tas de sable sur le sol, il forme toujours une sorte de cloche avec des grains qui s’étalent sur les bords. Les enlever ne sert à rien, car le sable se stabilise automatiquement et fait glisser d’autres grains vers ses nouvelles extrémités. Dans une répartition aléatoire dépendante de nombreux paramètres, comme dans notre pensée, cette distribution en forme de cloche existe toujours.
Ce qui serait insolite, c’est que le tas de sable ait la forme d’un cylindre droit, c'est à dire une pensée unique. Et, même ce cylindre a des limites: son tube. Faudrait-il l’éradiquer comme on arrache une peau qui nous démange ? Dans ce cas, pourquoi ne pas briser le squelette, qui est rigide ?
La répartition statistique de l’ensemble sociopolitique représente les états possibles de chaque membre pour chaque antagonisme (progressisme/conservatisme, dirigisme/libéralisme, etc.3). Quand les choix offrent des nuances de gris, il y aura toujours des extrêmes. Dans tous les cas où de nombreux facteurs influencent les choix, des valeurs moyennes prédominent statistiquement au sommet de la cloche.
Ces catégories moyennes (pas les «classes moyennes» politiques) agissent comme des tampons face au changement, plutôt que comme des freins. Et les dominants cherchent souvent à déplacer le centre social vers leur centre, leur «vérité». Les expériences de Milgram montrent comment on peut facilement basculer vers l’extrême.
Si les extrêmes «augmentent» en importance, nombre ou pouvoir, c’est parce que le contexte pousse l’ensemble vers une solution, un peu comme le mouvement de la dune qui suit le vent. Ce n’est pas l’extrême qui attire la masse, c’est l’environnement qui la pousse. Étudier cet environnement permet de comprendre pourquoi la dune se déplace.
Tout comportement répond à un contexte. Toute cause a un effet. Le problème est de se concentrer sur l’effet en ignorant les causes, souvent multiples.
Toutes les organisations vivantes, y compris les sociétés, ont des interactions biologiques :
Que faire dans ces deux derniers cas? Selon la loi hôdonne, chaque personne a droit à un abri. La solution serait donc de renvoyer les ennemis chez eux.
La synergie n’implique pas la fusion forcenée de tout. Ce serait comme indifférencier les organes du corps. Chaque organe a sa fonction. Certains organes interagissent constamment avec d’autres ou l’organisme entier, comme le sang. D’autres ont des interactions plus discrètes ou ciblées. Il en est ainsi pour chaque société de notre monde.
Dans l’esprit hôdon, l’isolement d’un «clan» ne devrait pas être source de «conflit» tant que chaque individu peut y entrer et en sortir librement. Parfois, pendant les conflits, il faut fermer les portes ou les frontières pour se protéger d’un environnement menaçant.
L’attitude hôdonne s’oppose à l’ingérence, mais favorise la séparation des belligérants. La médiation vise à prévenir les conflits armés et à trouver une solution équitable, même si cela prend du temps.
Peut-être devra-t-on établir une zone neutre. Seuls des gens neutres issus de ces régions en conflit pourraient suggérer et maintenir cela, car ce n’est pas aux Hôdons d’autres régions d’imposer leurs conceptions de vie. Par contre, leur neutralité prédestinerait ceux qui se revendiquent de l’esprit hôdon à ce genre de médiation.
Un lieu sûr est crucial pour survivre dans un environnement difficile6. L’être humain, qui ne peut pas vivre seul. Cela se fera en partageant un certain mode de vie avec son entourage pour minimiser les conflits.
Un refuge doit offrir sérénité, vigueur et harmonie à tous les niveaux, du domicile aux grands rassemblements sociaux. Cela va de la famille à la tribu, aux associations, puis aux communautés d’États, en passant par les grandes communautés philosophiques, politiques, religieuses ou économiques.
Les prises de possession de domaines sont dues à l’instinct de domination de chaque être vivant. Si le territoire est libre, il n’y a pas de problème. Mais qu’en est-il si le territoire est déjà le domaine d’un individu ou organisme?
L’expérience et l’observation montrent que, finalement, la loi du plus fort délimite toujours la propriété privée. Cette force n’est pas que physique. Le pouvoir de l'argent évitera souvent celui de la force physique, parfois violente.
En conclusion, la possession d’un territoire est le résultat de la conquête ou du marchandage, sauf dans le cas de la naissance. Le nouveau-né se sent implicitement comme chez lui non seulement dans son foyer, mais aussi dans son clan, sa tribu, sa patrie. Mais on touche là un autre problème : la vengeance pour chasser les héritiers coupables des fautes de leurs ancêtres.
Respecter toutes les intelligences est parfois difficile, mais c’est la première loi de Hodo.
L’observation de la nature peut aider à comprendre ou à s’inspirer de phénomènes à une autre échelle. Il y a beaucoup d’analogies, et, même si ce ne sont que des analogies, elles peuvent nous inspirer.7
Comme le corps, chaque société est composée d’organes, et tous sont composés de cellules. Tous les organes et cellules ont une fonction essentielle dans l’organisme. Si un groupe de cellules est rejeté, il peut se gangrener et empoisonner tout le corps. Si des cellules refusent de suivre les règles de l’organisme, un cancer peut se développer.
Il n’y a pas de critères pour favoriser un organe ou l’autre. Mais le stress peut rediriger l’énergie vers les organes sollicités. Or, le favoritisme dans nos sociétés peut engendrer le stress. Si le stress persiste, certains organes peuvent se détériorer, ce qui affecte l’ensemble du corps.
Les humains ont besoin de se regrouper en clan, en tribu, en nation, et créent ainsi des organismes constitués d’organes. Il faut noter au passage que les clans n’ont pas nécessairement de frontières physiques; des frontières mentales suffisent, parfois représentées par des vêtements, des tatouages ou un comportement spécifique.
L’esprit humain est naturellement plus négatif que positif, car il vaut mieux rester en vie pour profiter du bien-être. Pour y parvenir, il faut éviter tous les risques réduisant le confort et la durée de vie. L’une des solutions sera la création d’anticorps.
Ces «anticorps» engendreront des émotions et des réflexes instinctifs. Pour autant, il ne faut pas refouler les émotions négatives, mais les maîtriser consciemment. Refouler ces comportements peut mener à la manipulation émotionnelle paternaliste.
Le respect de l’intelligence est de reconnaître que les humains ne sont pas parfaits. C’est admettre que l’autre a une structure mentale similaire, malgré des expériences différentes qui peuvent le conduire à certains réflexes d’autodéfense. Si l’expérience acquise différencie les gens, les clans et les peuples, il ne faut pas oublier que
La vie en société, et même certains aspects d’hygiène et de santé personnelle, passe par l’éducation. Le problème est que la scolarisation peut devenir une formation professionnelle plutôt qu’un enrichissement de l’être et des relations avec la nature et la société. Il s’agit de deux choses distinctes, utiles, qui devraient être clairement séparées.
L’enseignement ne devrait pas favoriser certaines professions, car toutes méritent le même respect et contribuent au bien-être de la société et de la planète. L’éducation ne doit pas devenir une garderie où l’enfant et le jeune adulte ne se dépassent pas pour grandir et vivre en harmonie avec les autres.
On peut demander certaines compétences à un professionnel, mais l’art de vivre ne devrait pas être une compétition.
Le système social est tellement complexe, et donc imprévisible, que les membres d’un groupe se soumettent à des règles et des codes pour assurer la qualité des échanges. Ces échanges concernent aussi bien le langage, les normes de construction collaborative, le négoce, l’hygiène, l’écologie locale… et surtout le maintien d’une paix. De très nombreuses règles de courtoisie, sinon toutes, de manière plus ou moins directe, ont une relation avec cette paix.
Ces lois sont donc confiées en général aux dominants de la tribu, du clan, d’une région, pour qu’ils aient l’office de gardiens et d’interprètes. De plus, il leur incombera en général de les faire respecter. Et comme ce sont des dominants, ils en profiteront aussi souvent pour édicter leurs lois. Certains tenteront même d’imposer une pensée unique.
La liberté de penser ne doit pas être confondue avec une tendance à remettre en question systématiquement les autres ou à mettre en doute leurs croyances. Cela serait même contraire à la loi hodonne qui stipule le respect de toute forme d’intelligence. Il s’agit plutôt de savoir s’adapter et remettre en question ses propres croyances ou habitudes lorsque les preuves semblent indiquer que d’autres choix pourraient être plus judicieux.
La libre pensée ne doit pas se résumer à ne vivre qu’en brandissant la bannière du «j’ai le droit de…», car en face, l’autre a toutes les raisons de brandir la sienne «moi aussi, j’ai le droit de…». Sans concessions, seule la loi du plus fort l’emportera.
La liberté absolue a toujours un prix: celui d’éradiquer ce qui va l’en empêcher, ce qui implique toujours ripostes et revanches jusqu’à la domination, voire la disparition, de l’un des opposants.
À l’exception de la «manne du ciel», le soleil, les forces gravitationnelles et d’inertie, tout est négocié entre humains. Tout est donnant-donnant dès l’instant où il n’y a pas vol. Et tant que l’échange est gagnant-gagnant, il n’y a pas d’abus. Le sentiment de justice est maintenu à ce prix et sans ce sentiment, il n’y a pas de sérénité, donc pas de paix.
Enfin, l’intelligence se développe plus quand elle doit s’affronter à un obstacle et réussir à le surmonter ou le contourner. On se grandit quand la difficulté est vaincue, à condition évidemment que cette difficulté ne soit pas de rabaisser autrui. On se grandit quand on crée et non quand on détruit. S’impliquer selon ses compétences, quelles qu’elles soient, grandit la société.
Nous sommes comme les cellules qui constituent un organisme, un corps vivant et complexe. Lorsque ces cellules font ce qu’elles veulent, l’organisme peut en mourir.
Dichotomies. Réflexions sur toutes les divergences comme réalité créatrice dans l’optique du respect de toute forme d’intelligence.Hôdo est l’écriture francisée de Hōdo (méthode Hepburn). Hoodo est parfois utilisé, et Hodo est une erreur (ou une paresse, ou une simplification d’URL) de typographie. L’idéogramme kanji correspondant est:
報 peut se prononcer et signifier: HOO, POO: nouvelles, information ; muku(iru): rendre la pareille, donner en retour.
土 peut se prononcer et signifier: tsuchi, DO, TO: le sol, la terre.
C’était un symbole idéal pour une société de l’information (au sens du partage et de l’accroissement du savoir) en même temps qu’un symbole de paradis qui est ce qu’on fait de cette terre et de ses habitants.
Dichotomies